:  ,.
                          

 

Titre                            : Les technologies de l’information et de la communication, la mondialisation et
leurs effets sur la culture universitaire :
Témoignage

Auteur                        : Teresa Yuren

Contributeur(s)          : Cony Saenger, Citlali Romero

Organisme                : Université Autonome de l’état de Morelos - MEXIQUE

Sujet                           : Du livre à internet, quelle(s) université(s) ?

Date                           : 19, 20, 21 juin 2002

Manifestation            : Colloque Franco-Québécois, Paris

Label                          : Version Frances Colloque.htm

_________

Introduction

Au début du troisième millénaire, les universités sont confrontées à redéfinir leur vision et leurs visées sociales pour faire face au phénomène mondial de l’usage massif des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le cadre de l’éducation et de la formation.

Au Mexique, dans certaines universités publiques ce phénomène provoque des résistances.  D’abord parce que l’accès aux technologies est limité du au manque de ressources financières et aux distances d’approvisionnement technologique dans les différentes institutions. 

Ensuite parce qu’il existe un déficit de compétences des acteurs non seulement face à l’usage de la technologie mais aussi face à l’acquisition de nouvelles attitudes envers la nouvelle culture de la communication. 

Après, parce que l’emploi croissant de la technologie et des médias de l’information dans l’aire de l’éducation et de la formation a provoqué parfois des changements profonds, dans l’organisation et le mode d’opérer des universités.  Ces changements ont donné naissance à la formation ouverte (FO), à la formation à distance (FAD) et plus récemment à l’université virtuelle.

Malgré les avantages offerts par ces modalités les dispositifs mises en place révèlent fréquemment des insuffisances pouvant amener à des graves risques dans l’aire de la formation.  Par exemple, il n’est pas rare :

·        Que la logique de la formation soit subordonnée à la logique des médias et de la technologie,

·        Que la distance soit considérée seulement comme séparation géographique ignorant les autres formes de distance,

·        Que les dispositifs soient trop rigides ou bien qu’ils ne soient pas adaptés au contexte,

·        Qu’on ne considère pas la nécessaire transformation des rôles des acteurs impliqués et les effets que cette transformation provoque sur leurs identités professionnelles.

Finalement, parce que l’usage des TIC non seulement modifie les formes traditionnelles de communication locales mais demande de penser la coopération universitaire autrement.

Basées sur l’expérience vécue au sein d’un programme franco-mexicain de coopération duquel nous faisons témoignage dans cette communication nous proposons quelques réponses provisoires à la question suivante :  Comment faire pour éveiller dans l’esprit universitaire une nouvelle culture de la communication qui soit fondée sur une éthique de la coopération inter-universitaire ?

 

Le référent de notre témoignage

 

En 1999, est apparu un livre écrit par Michel Bernard, professeur des universités, présentant les fondements théoriques de la «mise à distance en formation », celle-ci est une particulière manière de concevoir la relation formation-distances-technologies, laquelle essaie de surmonter les déficiences observées dans la mise en ouvre de certains dispositifs. Avec ces outils théoriques, avec une vaste expérience en formation, avec la certitude du processus irréversible du changement des institutions universitaires, avec une vision qui lie l’inter-culturalité, l’interdisciplinarité et le respect d’autrui, ce professeur universitaire s’est proposé de promouvoir un programme de coopération entre les universités françaises et mexicaines.  Au dit programme fait référence notre témoignage et notre réflexion.

Le programme c’est développé autour de cinq propositions force :

a)      Un bon dispositif de formation est celui qui permet au sujet de produire sa propre formation, celle-ci comprise comme un processus toujours inachevé.

b)      La distance est liée à l’existence et par conséquent il faut la concevoir dans une dimension plurielle: géographique, temporelle, culturelle, économique, sociale, technologique, etc.

c)       Les décisions prises par rapport aux médias et à la technologie doivent répondre aux objectifs et au contexte de la formation, ainsi qu’à la trajectance[1] des sujets en formation.

d)      Plutôt que la transmission des connaissances ce qui intéresse est le savoir que le sujet construit et ce qu’il produit avec ses actions.

e)      Le rapport formation-distances-technologies basée sur les propositions précédentes implique un nouvel esprit formatif ou le rôle de l’accompagnement devient relevant.

Les actions qu’ont constitué les axes du travail de coopération ont été le développement:

·        D’une section au Mexique du Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées « Education, Formation et Mise à distance ».

·        D’un programme d’études doctorales et post-doctorales dans l’aire «Formation-Distance ».

·        D’un programme de recherche

·        D’un programme de publications et de diffusion des travaux produits.

 

Parmi les éléments qu’ont possibilité la réalisation du programme de coopération ont été le partage des points de vue théoriques parmi les thèses proposées par M. Bernard et les travaux développés par une académicienne mexicaine sur la dimension éthique de la formation.  La volonté de ces deux acteurs et l’engagement de chacun envers l’autre, envers le projet, et envers ceux qui se sont inscrits au processus de formation, ont permis d’incorporer graduellement d’autres acteurs, franchir les obstacles, et obtenir des résultats apparemment modestes sur une perspective efficientiste mais très significatifs sur une perspective qualitative pour les institutions et les sujets participants.

Les accords:  petite histoire

En novembre 1998, dans le cadre d’EDUFRANCE  il y a eu une première réunion ou s’est explicité devant les autorités de l’UAEM l’intérêt pour développer un programme conjoint de recherche et des études du troisième cycle sur le domaine formation-distance.  Dans cette réunion on a accordé de faire un plan de travail et d’amener les démarches nécessaires pour déboucher à la signature d’un accord entre l’institution mexicaine et l’université Paris II – Panthéon – Assas, et de faire extensive l’invitation à deux autres institutions mexicaines : L’Université Pédagogique Nationale (UPN) et l’Université ibéro-américaine de Puebla, région Golf-Centre (UIAGC).


Au mois de juin 1999, le responsable français du programme est venu en mission au Mexique,  la coordinatrice des actions au Mexique a été nommée et le programme a été fixé. Pendant le mois de septembre du même année, une mission mexicaine a voyagé en France pour formaliser l’accord.  Cette mission a été reçue d’abord par M. Le Recteur Chancelier de la Sorbonne et après par le Président de Paris II. Pendant la réunion  l’attaché des affaires culturelles du Ministère des Affaires Extérieurs de France et le Chancelier des Affaires Universitaires de l’Ambassade du Mexique en France ont été présents. Il a été accordé que les institutions allaient faire le nécessaire pour accomplir les objectifs de l’accord et de façon complémentaire il a été convenu le suivant :

·        Le doctorat allait se faire en régime de co-tutelle, ce qui impliquait que les doctorats seraient inscrits à la fois dans une institution mexicaine et dans une institution française.  Chacun des étudiants de doctorat aurait un directeur de recherche dans chaque institution, ils auraient mobilité dans les deux institutions et chaque institution leur donnerait un diplôme même si la défense de la thèse se réalise  seulement dans une des institutions.

·        Comme le diplôme du DESS avait été reconnu en France comme un titre de mastaire, après l’arrêt émis par le ministère d’Education de France, les institutions mexicaines allaient faire les efforts pour obtenir la reconnaissance officielle de ce genre d’études au Mexique au niveau master.

 

Les actions de coopération entre l’Institut des Hautes Etudes pour l’Amérique Latine de Paris III et les trois universités mexicaines auparavant nommées se sont établies à partir de la formation d’un laboratoire de recherche et la possibilité de réaliser des études doctorales en régime de co-tutelle.


Résultats

Jusqu’au présent les réussites obtenues sont les suivantes :

1. - Etudes du troisième cycle – mastaire

·        La mise en place d’une section mexicaine du DESS « Education, Formation et Mise à Distance » à l’UAEM avec le soutien de l’Université Ibéro-américaine de Puebla.

·        La promotion 1999-2000 conformée par 16 étudiants : des enseignants universitaires des écoles normales et des centres de formation originaires de cinq provinces mexicaines, dont 11 ont obtenu le diplôme.

Le DESS conformé par huit modules et trois spécialités a eu des responsables français et mexicains appartenant à chaque section.  Trois des professeurs français se sont déplacés au Mexique et en échange deux professeurs mexicains se sont déplacés en France pour donner des conférences.  En plus, quatre conférenciers mexicains ont été invités et une visio-conférence a eu lieu avec la participation des experts français.

Pendant l’année quatre réunions présentielles avec une durée d’une semaine et un travail de 40 heures pour chaque réunion ont été réalisées.  Le reste du temps les étudiants ont travaillé de façon individuelle ou en groupe pour l’acquisition de certaines compétences.  Pour appuyer leur formation les étudiants ont eu un directeur de recherche qui a joué le rôle d’accompagnateur.  En plus il y a eu des communications fréquentes via courrier électronique avec les professeurs et les autres étudiants. 

Un centre documentaire a été crée au départ avec des ressources données par l’université française tels que des livres, des magasins, des documents vidéo et des CD, ainsi que des matériaux idoines photocopies.  Le centre s’est enrichi progressivement par les contributions des participants.

Un élément très important du dispositif a été le Messager, une communication envoyé par courrier électronique de façon périodique laquelle informait du progrès du processus formatif tant de la section française comme de la section mexicaine.  Le Messager donnait aussi des conseils pour profiter de certains sites WEB lesquels avaient été choisis par les étudiants de la section française, ces communications abordaient aussi des questions centrales du DESS et incluaient des contributions des étudiants ou des professeurs des deux sections, ce qui a contribué à éveiller l’intérêt des étudiants, à favoriser la communication et à s’identifier avec les acteurs participants au processus formatif.

Sur les 11 étudiants mexicains qui ont réussi leur formation quatre continuent avec le doctorat à l’UAEM et une cinquième à l’Université de Barcelone en Espagne.  Le reste continu à travailler dans leurs institutions d’origine avec des nouveaux projets de formation incluant l’usage des technologies et la prise en compte des distances.

2.  L’approfondissement du français

Un programme d’approfondissement du français a été mis en place sous la gestion de la coordinatrice en charge de la licence d’enseignement du FLE à l’UAEM, après le programme c’est déplacé à l’Alliance française de Cuernavaca.  Ce programme avait comme but celui de contribuer à l’acquisition et le perfectionnement des compétences communicatives chez les sujets en formation et les intervenants mexicains.

3.      Séminaire Franco-Mexicain de Recherche

Les DESS a offert une deuxième promotion mais du au changement des conditions fixées relatives au paiement des droits universitaires et au niveau de français demandé aux étudiants désirant suivre la formation il n’a pas pu être mis en place.[2] 

Comme le processus de sélection des candidats mexicains avait conclu et plusieurs étudiants avaient déjà fait les démarches nécessaires dans leurs différentes institutions d’éducation supérieure pour disposer du temps et suivre la formation, le problème a été résolu par la création du Séminaire franco-mexicain de recherche lequel a inclut une série d’ateliers et a eu lieu à l’université pédagogique nationale du Mexique. Ce séminaire a accueilli 17 participants lesquels ont travaillé pendant 16 mois dans des ateliers, dans des conférences et des sessions présentielles concernant le travail de recherche de chaque participant.  Le travail a été réalisé sur 152 heures présentielles avec la participation de cinq professeurs et spécialistes français et 10 professeurs mexicains.  Le travail individuel et par groupe a pris 250 heures plus les séances d’accompagnement individuel.

Sur les 17 participants inscrits au séminaire quatre personnes ont démissionné et 13 sont arrivés à la fin du parcours, dont 11 ont présenté leur avance sur leur projet de recherche.  Parmi ces 11 derniers 7 sont inscrits actuellement au doctorat en Education, les autres participent dans des projets innovateurs dans leurs institutions d’origine.

4.      Etudes doctorales et post-doctorales

Conséquence des deux expériences précédentes au sein du doctorat en éducation, l’UAEM a institué la spécialité «Formation, Médias et Distances ».  Presque tous les étudiants inscrits actuellement dans cette spécialité ont participé aux dites expériences :  quatre sont issus du DESS, sept du séminaire franco-mexicain et un a participé comme intervenant au DESS.  Sur les 12 étudiants trois sont inscrits à Paris II sous le régime de co-tutelle et cinq étudiantes viennent d’être admises à Paris III, et une académicienne de l’UIAGC soutiendra prochainement sa thèse d’études post-doctorales en France.  Résumant, treize doctorats continuent à travailler dans le cadre du programme de coopération dont 8 sont maintenant en co-tutelle.

5.      Programme de Recherche

Le laboratoire franco-mexicain de recherche ou participent l’UAEM, l’UPN, l’UIAGC et Paris II a été développé autour des suivants axes de travail :

·        Déterminations théoriques et praxéologiques de la mise à distance en formation

·        Réflexions théoriques autour de l’autoformation

·        Description et analyse critique d’expériences de formation à distance, de mise à distance et du dessin de dispositifs au Mexique et en France

·        Recherches sur les rapports :  formation, distances, éthique et relations interculturelles

·        Traductions de l’espagnol au français et du français à l’espagnol.

A ce moment les produits sont : 

·         Trois livres conclus

·        Une compilation d’articles en processus

·        Trois œuvres mexicaines traduites au français

·        Deux œuvres et un article français traduites à l’espagnol

·        Onze chantiers et onze mémoires

·        Huit thèses doctorales au différentes dégrées de progression

·        Un travail post-doctoral conclu et en révision

6.      Publications, traductions et colloques

Dans le programme de publications l’œuvre d’une académicienne mexicaine a été traduite au français et publié en France et au Mexique.  Il y a deux œuvres qui sont maintenant en arbitrage dans une maison éditoriale française :  le produit de recherche d’un académicien de l’UIAGC et une mémoire d’une étudiante du DESS à caractère bilingue. Il y a en processus d’arbitrage dans une filiale mexicaine d’une maison éditoriale espagnole une œuvre française traduite à l’espagnol et une autre en révision laquelle sera proposée à une maison d’édition.

Deux colloques ont été réalisés : 

Le premier en 1999 à l’UAEM autour le thème «formation, distance et technologie au Mexique » ou sept institutions d’éducation supérieure du Mexique et l’université Paris II ont participé.

Le deuxième en 2001 à l’UPN sur le thème «formation, culture et distance » ou quatre spécialistes français et dix spécialistes mexicains ont participé.  Trois des professeurs français invités au colloque ont aussi donné des conférences à l’Institut de Sciences de l’Education à l’UAEM .

7.      Stages, missions et mobilité d’étudiants

Pendant ces quatre années des académiciens mexicains ont été invités comme professeurs à Paris II pour faire  au total cinq stages d’un mois.

Quatre professeurs et un expert français ont fait des missions d’une semaine au Mexique.

Un total de quatre étudiants mexicains s'est déplacé en France pour faire de petites stages afin de participer dans des séminaires et huit doctorats participeront dans le colloque franco-québecois.

Coopération et internationalisation

Les résultats obtenus montrent qu’il est toujours possible de mettre en œuvre et de soutenir un programme de coopération universitaire quand la coopération va au-delà des aspects purement administratifs et quand elle substitue la quête d’obtention de bénéfices pour une éthique qui reconnaît autrui comme un interlocuteur valable ainsi qu’elle porte la décision de travailler de manière conjointe pour atteindre des objectifs définis en commun. Ceci n’a pas été facile car le processus d’internationalisation des universités mexicaines est relativement récent si l’on compare avec les universités européennes.  Ce processus n’a pas eu généralement une infrastructure adéquate, parce qu’il n’a pas été lié dès le début à un projet de développement social et n’a pas eu un cadre politique d’orientation.

Il faut ajouter le fait que fréquemment les actions d’internationalisation universitaires ont été réalisées plutôt en réponse aux besoins imposés par les changements et les tendances globalisantes diffusées sur-le-champ de l’éducation qu’aux besoins locaux de développement.

En ce qui concerne l’UAEM, le boom de l’internationalisation est commencé il y a sept ans.  Entre 1995 et 2000  nombreux accords avec les universités européennes des Etats-Unis, du Canada, d’Amérique Centrale et du sud ont été signés. En 1999, 192 accords avaient été signés, 273 étudiants du troisième cycle avaient une bouse et 170 étudiants universitaires mexicains avaient participé aux programmes de mobilité et 95 étudiants étrangers avaient été accueillis.   

A l’UAEM, la coopération internationale est menée soit par la gestion des autorités universitaires chargés,  soit par la gestion des académiciens intéressés au développement des programmes de coopération.  Dans le premier cas se trouvent deux entités destinées aux rubriques suivantes :  les programmes internationaux et les relations internationales.  La première est centrée plutôt sur des questions administratives, elle gère la reconnaissance ou la validation des études, les programmes de mobilité étudiante, les relations avec certains agents diplomatiques des pays concernés et les responsables de quelques facultés, elle est chargée de l’accueil de certains visiteurs étrangers.  La deuxième est centrée plutôt sur le plan politique parce que chargé de vérifier que les accords négociés s’inscrivent dans un cadre du respect à l’équité prenant en compte les caractéristiques du contexte local. 

En réalité le type de relation que ces entités favorisent est différent, tandis que la première accepte et prends en considération les conditions offertes de l’extérieur et essaie de les adapter au contexte local, la deuxième exige le respect dans les accords signés des conditions d’égalité et d’équité et annule les accords que dans les faits ne suivent pas ces paramètres.[3]

Cette double visée n’ayant pas un cadre normatif sur la politique universitaire de coopération internationale de l’UAEM a comme résultat certaines déficiences :

·        Malgré les nombreux accords signés il n’y a pas de clarté sur certaines actions à réaliser après la signature

·        L’opération se fait dans une ambiance de solution à des besoins urgents (le syndrome de la patate chaude)

·        Il n’y a pas de rétroaction du système d’internationalisation de l’université car il n’existe pas une banque de données et généralement les acteurs du système ne peuvent pas suivre l’état du développement des actions promises

·        Les actions menées à la suite des accords ne sont pas toujours pertinentes car il n’y a pas forcément de réciprocité réelle

·        Bien qu’il existe des accords de mobilité il y a un manque de diffusion systématique et non opportune des opportunités pour les étudiants, lesquels, au moment de désirer d’en profiter, doivent faire face à des multiples démarches administratives qui n’ont forcement les mêmes débouchés ni les mêmes conditions d’équité en raison aux bénéfices obtenus.

Ces déficiences peuvent être relativement surmontées quand les programmes sont issus de l’initiative des académiciens puisque sont ceux qui gèrent la mise en œuvre des actions établies dans les accords de coopération, généralement ils font un suivi et une évaluation des actions menées si bien qu’ils doivent nécessairement prendre appui sur l’une des deux entités.

Ce qui anime les accords et dirige les actions pertinentes et de bénéfice réciproque c’est le fort engagement des académiciens, même si ceci demande d’une grande dépense d’énergie et parfois d’un investissement des ressources personnelles, car si l’accord a été promu par les académiciens, toutes les démarches pour l’accueil des étrangers (fax, téléphone, etc.) sont à charge des académiciens locaux ce qui représente du travail à titre de volontariat sans être reconnu, indépendamment des activités normales du dit académicien.  C’était le cas du programme référé dans notre témoignage et qui a eu le soutien de l’entité politique universitaire.  Le programme a du faire face à des graves insuffisances d’infrastructure et des ressources économiques bien que celles-ci n’ont pas été un obstacle insurmontable. 

Ce qui a gène l’opération c’est la pratique bureaucratique des divers responsables de la gestion à tous les niveaux, entraînant :

a)        une diminution à l’autonomie des entités académiques responsables du projet pour la prise des décisions opportunes

b)        un empêchement sur l’établissement d’équivalences entre programmes du niveau (maestría) master entre les deux pays

c)         un obstacle pour l’échange des professeurs et  des étudiants

d)        un champ propice pour le développement de la jalousie professionnelle, la méfiance, la médisance et le revanchisme.

Ceci a affecté davantage au DESS par ce qu’il a été sujet aux décisions administratives tandis que la travail du doctorat a marché mieux du au fait que la contention de cotutelle est un genre de contrat qui protége à l’étudiant des décisions parfois légères des aires administratives.

La dimension éthique de la coopération

L’expérience vécue nous permet d’affirmer :

a)        il est nécessaire d’établir une normativité conférant plus d’attributions aux académiciens et moins aux administratives et qu’elle assure la protection de la trajectoire de l’étudiant malgré les changements administratifs.

b)        il est conseiller de flexibiliser le processus administratif par la prise en compte des besoins et les conditions de l’autre participant

c)         il est requis que les responsables de la coopération en chacune des instituions aient les compétences concernant son rôle de concertation

d)        il faudrait que les personnes concernées dans la gestion administrative et académique aient de l’expérience et de la ténacité pour surmonter les multiples obstacles, mais aussi qu’ils aient des qualités éthiques telles que le respect, la tolérance, la solidarité, la capacité d’assumer des décisions judicieuses en prenant en compte les situations.

Sans doute ce qui a été le plus important pour la réussite du DESS a été la volonté de chacun des acteurs (intervenants, conférenciers, accompagnateurs, étudiants et coordinateurs) d’accomplir avec l’engagement tacitement pacté avec les autres pour atteindre les objectifs fixés dans une ambiance d’inter-culturalité.

L’architecture des dispositifs de formation a eu un poids énorme pour les adapter au contexte local prenant en compte les projets de chacun des sujets en formation, son trajet et sa trajectance. Un autre élément digne de mention a été la préparation des conditions menant à chaque sujet à prendre en charge sa propre formation et production sans négliger le rapport avec les autres :   les pairs, les intervenants, les directeurs de recherche qui ont joué le rôle d’accompagnateur et qui ont été un référent permanent, quand ceci n’a pas eu lieu, les sujets en formation se sont décourages et ont abandonné le programme.

Ainsi, dans ce programme de coopération, la dimension éthique et la relation alter-ego ont été présentes toujours.  Ni les étudiants ont été considérés comme des anonymes derrière une machine, ni les intervenants ont été des sujets sans visage, se faisant substituer par des matériaux, ni les coordinateurs se sont détachés des besoins et des intérêts de chacun des sujets concernés.

Les séances présentielles et la visio-conférence pendant le DESS ont contribué énormément à créer un climat sociale qui n’a pas été en détriment de l’usage de la technologie, mais qui a joué un rôle très important dans la formation.

Dans le cas du doctorat le climat social a été favorisé grâce aux missions, aux stages, et à la mobilité étudiant.

L’avantage des programmes de coopération comme celui qui nous occupe aujourd’hui est qu’ils ont des répercussions chez tous les participants, pas seulement en ce qui concerne les compétences acquises mais en ce qui concerne le changement de perception produite envers la langue et la culture d’autrui :  sa façon de vivre, d’agir, de penser et de regarder les problèmes.  Ce changement se produit quand des objectifs communs sont atteints par la coopération de ceux qui sont différents.

Les effets de la mondialisation dans les universités sont in évitables.  Les voies que les universités ont devant elles sont le choix parmi la compétence féroce ou la coopération dans un climat d’inter-culturalité qu’implique réciprocité et équité.  Ceci à notre avis est en fonction de la possibilité de construire une ambiance herméneutique qui demande de l’engagement, de la surveillance, de l’autocritique des protagonistes, pour être préservée.  La confiance, le respect réciproque sont indispensables ainsi que le désir honnête de reconnaître l’interdépendance et les attributs de l’autre, le différent, de parir avec lui, d’apprendre avec lui.

3.      Le rôle des technologies dans le programme de coopération.

Dans le programme de coopération auquel nous faisons référence les TIC sont concernées de deux façons : d’une part elles constituent un objet d’étude, de l’autre elles sont un outil indispensable pour la communication entre les participants et pour accéder à l’information.

Dans les deux cas la technologie s’est inscrite dans une ambiance problématique du à son « éloignement » par rapport à l’habitus de notre population universitaire.

En effet, tandis que dans les pays hautement développés la technologie de soutien à l’éducation et à la formation est quelque chose de normal, au Mexique l’usage de la technologie dans la formation universitaire c’est développé seulement dans certaines universités privées, auxquelles ont accès seulement ceux qui ont des revenus économique élevés.  Les universités publiques qui ont un financement majeur ont incorporé de manière graduelle la technologie dans la décennie des années quatre vingt dix, mais leur usage est encore insuffisant par rapport aux besoins de leur population.

En ce qui concerne les universités avec un financement réduit l’usage des technologies de soutien à la formation est encore une nouveauté.  C’est le cas de l’UAEM, ce qui explique les nombreuses résistances, attitudes déroutantes et des problèmes divers.

L’UAEM c’est une université qui a 18,000 étudiants distribués sur 3 campus.  Au campus principal il y a un centre avec 140 ordinateurs qui donnent service à une population de 8,000 étudiants.  Même s’il y a certains ordinateurs dans les facultés l’équipement est toujours insuffisant pour les étudiants et les professeurs.  C’est à partir de 1996 que l’usage de l’Internet s’est généralisé à l’université et qu’il est devenu indispensable dans certains  domaines des sciences et des humanités, mais l’accès aux réseaux et aux technologies continue d’être difficile tant pour l’équipement insuffisant comme pour les compétences requises.  Il y a plusieurs membres de la communauté universitaire (professeurs, étudiants et personnel administratif) qui déclarent être incapables d’utiliser la technologie parce qu’ils manquent de compétences en anglais ou en informatique.  Ou bien parce qu’ils n’ont pas suivi des formations relatives à l’usage des logiciels et des services.  Il arrive fréquemment que ceux qui ont suivi des cours déclarent n’avoir pas suffisamment compris ce nouveau langage, ou bien d’avoir oublié ce qu’ils ont appris parce qu’ils ne l’ont jamais réemployé dans leur endroit de travail.

Malgré les efforts destinés à l’incorporation des technologies pendant les derniers six années et malgré l’achat d’équipement et le paiement des services de capacitation, il y a toujours un décalage face à ce qui se fait dans d’autres pays et les efforts s’avèrent toujours insuffisants.  En revanche, dans les pays ou l’usage des technologies es déjà généralisé un débat autour de la communication à pris place.  Ce débat à deux pôles extrêmes d’appui d’un côté, l’approche soutenu sur les techniques, de l’autre l’approche qui subordonne les techniques aux valeurs de la société démocratique.

Le programme de coopération présenté se situe sur le deuxième pôle, raison pour laquelle il s’est avéré pertinent, significatif et convoquant.  De ce point de vue, le programme a eu comme centre de ses préoccupations la mobilisation du sujet et sa prise de distance par rapport à sa propre formation, ce qui lui permet de construire sa trajectance.  Le programme prétend en autre que les compétences soient acquises à travers la production des sujets, ce qui implique de mettre en relief la construction du savoir plutôt que la transmission des connaissances.

La dimension technologique est subordonnée aux principes qui guident le programme, de telle sorte que les nouvelles technologies sont employées en tant qu’outils de communication et de recherche de l’information.  Dans ce cas la stratégie ne s’agissait pas d’assumer de la disposition de la technologie et de son possible usage, mais de créer le besoin et le désir d’employer la technologie et par conséquent d’éveiller le besoin d’en trouver les moyens pour disposer des outils technologiques et pour acquérir des compétences nécessaires à leur usage.

La stratégie s’est avéré efficace et elle a contribué à la création d’un réseau ou le soutien commun a permis aux acteurs d’accéder à la technologie et de prendre position envers son usage dans le domaine de la formation.

Bien que toutes les personnes en processus de formation ont assumé que les TIC évoluent à grande vitesse et qu’il était nécessaire de faire des efforts pour faire des progrès sur leur usage, on n’a pas perdu de vue jamais l’insertion sociale de chacun des personnes en formation, son adaptabilité au changement, son ambiance de travail, ses compétences préalables, ses besoins et intérêts, son trajet de formation, son expérience et son contexte culturel.

De ce point de vue les dispositifs architecturés ont favorisé l’insertion dans l’acquisition des compétences pour l’usage de la technologie et ont été propice à la co-formation en vue de surmonter les limitations spatio-temporelles.

Au lieu de travailler en vue d’une technologisation du programme le travail s’est fait afin de développer un processus de socialisation de façons d’agir face aux technologies.  Au lieu d’effacer la communication en profit de la technologie on a mis celle ci au service de la communication. Au lieu de promouvoir l’homogénéisation des personnes en bénéfice de l’efficacité d’un programme centrée sur la technologie, l’intérêt c’est centrée sur la formation en considérant les particularités des sujets de telle sorte que l’usage des technologies est devenu un élément permettant de construire avec les autres et de faire la gestion des différences.

Conclusion

Bien que les cultures ont tendance à se rigidifier le programme de coopération a signifié un élément de fluidification des cultures, la française et la mexicaine, qui a permis au sujet d’effectuer l’autocritique et d’instituer des efforts pour réussir la compréhension avec les autres.

Dans cette communication nous faisons noter les éléments que permettent aux universités latino-américaines de faire face, sans affecter leur richesse culturelle et leur identité, faire face aux tendances de mondialisation des programmes de formation et la tendance à incorporer la technologie en soutien de la formation.

1)         L’université du XXIième siècle ne peut pas évader le processus de mondialisation et l’ouverture vers l’autre-le différent.  Dans un monde d’interdépendance la coopération entre universités devrait se régire pour les principes de l’inter-culturalité avec une forte trace éthique et surveiller que les motifs sociaux soient placés au dessus des motifs économiques.

2)         Il est nécessaire de faire preuve de tolérance et de sensibilité par rapport aux différences politiques et administratives développés à l’intérieur des systèmes de formation divers pour construire le consensus autour des dispositifs de formation. Il est fondamental le respect à la langue et à la culture de l’autre en conditions de réciprocité, ce qui implique la reconnaissance de l’autre en tant que égal en dignité mais différent en culture.

3)         Afin de ne pas être déshumanisant l’usage de la technologie en éducation doit répondre tant aux projets sociaux comme aux besoins communicatifs et doit devenir un outil pour construire avec les autres sans supprimer les distances et les différences.

4)         Dans ces dispositifs il est nécessaire de regarder d’un nouveau visage les acteurs, les institutions concernées et les moyens technologiques pour aboutir à l’objectif fondamental de l’éducation, c’est à dire, à l’épanouissement de l’être humain.

 



[1] (projet, trajet et trajectance)

[2] Les conditions de coûts et le niveau de langue attendu avaient été accordées avec Mme L’Ambassadrice mexicaine et au moment ou elle a quitté ces conditions ont été modifiées par les autorités universitaires françaises.

[3] Le sujet en charge des relations internationales a commenté que parmi les conditions considérées comme un traitement équitatif se trouvent celles des universités du Canada qui acceptent la soutenance des thèses doctorales en Canada   en cinq langues: l’arabe, le chinois, l’espagnol, le français et l’anglais.

 

4.  Falta cita Citlali