Titre                            : CR de la Table Ronde

Auteur                        : Pierre Landry

Contributeur(s)          :

Organisme                : Observatoire des Technologies pour l’éducation en Europe

Sujet                           : Du livre à internet, quelle(s) université(s) ?

Date                           : 19, 20, 21 juin 2002

Manifestation            : Colloque Franco-Québécois, Paris

Label                          : Table ronde CCIFQ.htm

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Quelques pistes pour le débat

Les universités à l'image de nos sociétés sont  profondément marquées par :

- des mutations culturelles   (culture métissée, culture mondialisée, culture communautariste) et des  mutations industrielles et économiques (l'automatisation des  systèmes de production, le tout-numérique,  la mondialisation des holdings, la présence unique de l'économie de marché, la mutation des politiques de ressources humaines, l'accroissement exponentiel des moyens d'information  et de communication).

 

Elles doivent cependant permettre à chaque étudiant au travers des études et des recherches disciplinaires, de prendre du recul, de développer une intelligence critique, de se préparer à agir et de donner du sens à sa présence au sein de sa société et vis-à-vis de lui-même.

 

Buts de la table ronde :

-Déterminer la signification, la pertinence et l'originalité des universités  en ce début de XXIe siècle,

-Mettre en exergue les problèmes principaux qu'elles rencontrent,

-Préciser les principes clefs sur lesquelles elles doivent se fonder,

-Dégager  les principaux   atouts et dangers  de l'usage des moyens d'information et de communication  dans les universités,

-Exprimer les actions clefs à développer pour assurer la vocation des universités  au sein d'une université planétaire déterminée par les usages d'internet.

 

Céline Saint-Pierre

1) Réforme de la pensée

-         XXe : explosion des connaissances

-         XXIe : mondialisation ; économie du savoir

-         La production du savoir (recherche) alimente la R&D des entreprises. C’est un facteur de développement local et régional

-         Concept de Knowledge factory.

-         Les formations spécialisées faites à la demande des entreprises remplacent les formations sur catalogue

2) Lieu de fabrication des savoirs/Organisation pédagogique

-         Edgard Morin : interdisciplinarité ; transmission/apprentisasge ; cultures humanités/scientifique

-         Aptitudes de l’U. à organiser la connaissance ; travail coopératif

-         Former les étudiants à la problématisation : poser les problèmes ET les résoudre

-         M. Serres : que faut-il enseigner ? la problématisation ; comment enseigner ? travail en équipe

3) Formation tout au long de la vie :

-         répondre à une nouvelle demande sociale : on est plus dans le rattrapage scolaire mais dans une réorganisation de la pensée

-         Acquisition en boucle [alternance] ; ré-interrogation des bases et a   pprofondissement

-         L’U., espace fluide et flexible, à la manière des entreprises modernes, pour entreprendre dans des nouveaux champs de connaissances et pour satisfaire des demandes sociales diversifiées d’adultes

-         Aider l’étudiant à cheminer et à construire ses connaissances en mobilisant des moyens tels que les NTIC.

-         Ceci s’applique également aux enseignants

 

Guy Gautherin

Volatilité des savoirs

-         Les école d’ingénieurs (24000 diplômés/an ; 240 établissements) sont évaluées tout les six ans par la commission (indépendante) d’habilitation à délivrer un diplôme. En cas de désaccord, la période est réduite à 1, 2 ou 3 ans jusqu’à ce que les demandes de modifications soient satisfaites (30% des cas)

-         Les programmes sont passés d’une dominante technique (savoirs) à un dosage savoir, savoir-faire, savoir être

-         La question de la remise à niveau des ingénieurs en poste s’est posé du fait de la concurrence exercée par les jeunes ingénieurs sortant d’école plus au fait des nouvelles technologies et qui ont la préférence des entreprises (coût plus faible que de faire suivre des formations aux ingénieurs les plus âgés)

 

Jean-Pierre Finance

-         En 30 ans, le nombre des étudiants est passé de 0,6 à 2M et le nombre d’ établissements universitaires de 20 à 90 sans compter les antennes décentralisées, pour faire face à une explosion des attentes de la part des étudiants, des familles et de la société.

-         La diversité des attentes remet en cause le principe centenaire de l’enseignement synchrone
Les établissements universitaires irriguent le tissu social sous la pression des collectivités locales en recherche de valorisation du territoire

-         Au delà de la mission de Formation/Recherche, l’U. remplit un rôle de transfert de technologie avec une prise en compte de l’interaction entre l’exercice d’un métier et l’acquisition de compétences

Difficultés

-         Complexité de l’organisation de l’U. française qui s’est stratifiée

-         Mode de sélectivité des étudiants allant d’aucune (1er cycle) à des quotas (écoles d’ingénieurs)

-         Coexistence d’organismes de recherche (CNRS, INRA, INSERM, etc.)

-         Hétérogénéité du public ET syndrome de l’individualisme des professeurs

Evolution : D’un mode de gestion pyramidale à une organisation en réseau

-         apprentissage de l’autonomie

-         relations contractuelles : plan sur 4 ans/Projet

-         partenariats (recherche des meilleurs spécialistes)

-         du service public/valeurs au service du public tout en étant un acteur économique

 

Gilles Breton

Mondialisation

-         desserrement de la contrainte spatiale sur l’action

-         redéfinition de l’espace d’action par les acteurs

-         négociations des attentes sociales

avec des conséquences du point de vue :

-         académique

o       On passe de l’internationalisation, à la marge du mandat de l’U et reposant sur des initiatives individuelles non pérennes, à un système d’alliances entre U.

 

Internationalisation

Mondialisation

Mobilité

Logique de l’échange

Mise en réseau des formations ; cheminements des étudiants

Recrutement

Brain drain Nord/Sud

Politique de retour au Sud

Réduction du Knowledge Gap Access

Recherche

Diffusion par Colloque et articles

Mise en réseau de la production

o       Il s’agit de préparer les étudiants au contexte mondial interculturel et à la globalisation des enjeux au delà des réalités locales.

o       L’espace du territoire ou du campus ne constitue plus le seul de vie universitaire

-         économique

o       Tendance à la marchandisation de la formation y compris universitaire : le savoir devient une marchandise (valorisation de la recherche)

o       On parle d’un marché mondial de l’éducation évalué à 2M d’étudiants cherchant à se former hors de leur pays. L’Australie, la Nouvelle-Zélande après les USA se sont fortement positionnés sur ce marché.

o       Des opérateurs privés (Vivendi, grandes entreprises) s’emparent des NTIC pour proposer des formations à distance, surtout à caractère professionnelle, en concurrence avec l’enseignement supérieur. Cette tendance est encouragé par le WTO (OMC) qui préconise une libération de tous les services dans le bute de faire baisser les prix par une mise en concurrence des anciens monopoles.

-         sociologique

o       Le Knowledge Gap Access des pays du Sud est accentué par la fuite des cerveaux du SUD vers les pays du Nord. Comment peut-on le réduire pour retrouver une certaine solidarité ?

o       Quelle gouvernance mondiale de l’enseignement supérieur faudrait-il mettre en place comme instance de régulation ?

o       L’éducation supérieure doit d’être considérée comme un bien public global comme l’est la santé, la nourriture de base , l’air ou l’eau (environnement).

 

Alain Laramée

-         Notion de frontière

o       nouveaux lieux de savoirs

o       remise en cause du monopole d’accréditation du savoir

-         Espaces nationaux

-         Dérégulation des services provoquant une mobilité des « cerveaux »

-         Pressions externes sur le découpage disciplinaires

-         Tendance à favoriser le recherche appliquée plus facilement transférable sur le marché « privé » comme produit définit par son utilisation

-         La multi-disciplinarité est-elle une bonne réponse ?

-         L’U. a besoin d’une boussole : elle est perdue sur son territoire ; c’est un lieu de production de culture dont le savoir n’est qu’une composante (Fernand Dumont) par opposition à une économie du savoir qui a montré ses limites avec l’éclatement de la bulle internet

 

Jean-Louis Billoët

-         Identité professionnelle

-         Espace/territoire et E-learning

-         Quelle est la consistance économique de la société ?

o       répartition des richesses

o       accès au savoir pour tous

-         Qui finance ? Qui décide ? Qui prend en charge les « naufragés » ?

-         Il faut proposer un nouveau modèle culturel à ces naufragés (40% d’une classe d’âge) qui ne comprennent pas le discours et la logique universitaire. Quelle écoute a le monde universitaire ?

-         [rien n’est dit sur le taux élevé d’abandons des inscrits aux formations du CNED]

-         Quelle est le modèle économique de l’U. : qui paye ? Quel transparence des coûts ?

-         Qui finance l’étudiant à distance (l’étudiant en présence est fiancé par l’Etat) ?

-         Le CNED, établissement public est aidé à Hauteur de 25% de son budget, 75% provenant de ses activités commerciales

 

Jean-Pierre Doumenge

5 contradictions

1-     L’académisme est en retard
-les normes correspondent au passé : comment s’adapter ?
-dialectique service public (FI)/Services marchands (FC) : tronc commun ?
- place de la recherche en FRC

2-     Du point de vue administratif
-accumulation de missions/unicité du rôle de l’U.
-dimension médiatiser des cultures
-se fédérer dans des réseaux régionaux, nationaux, internationaux
-conserver un ancrage fort dans des lieux

3-     La notion de corps disciplinaire est à retrouver pour comprendre les innovations « transversales » comme celles liées à l’usage des TIC
-le présentiel est une forme de distance : comment retrouver une convivialité en formation à distance ? Les enseignants font bouger les étudiants ET les réconfortent

4-     La mobilité professionnelle des enseignants :
-fonctionnaire : enseignants (mise à disposition)
-contractuels : professeur associé (passage par la recherche)
-sortir de son milieu comme voyage initiatique précédant une prise de fonction
-formation sur toute la vie : carnet de crédits universitaires indicateur de la santé mentale comme le carnet de santé indicateur de la santé physique
-la mobilité appel le multi-linguisme
- décloisonnement de l’espace/temps des enseignants

5-     La politique d’innovation
-cela se fait avec les enseignants en organisant des débats dans l’U.
-revoir le fonctionnement des U. pour pouvoir aller vers les autres U.
-lier projet U. et projet de société
-rompre avec le financement par « tête » d’étudiant qui renforce le cloisonnement des départements en quête de financement
-développer dès l’école secondaire une culture scientifique et technique faisant le lien avec les humanités : prendre en considération la personne dans sa globalité
-revoir le fonctionnement des commissions de jugement de la recherche qui enferme dans une discipline
-il est possible de faire autrement : exemple de l’U. Techno de Compiègne
-quelle gestion des personnes pour une gestion des ressources humaines ?

 

Deuxième interrogation : Quels usages des médias ?

 

Jean-Louis Billoët

-         re-questionner la didactique ET la pédagogie [même implicite]

-         l’acte d’apprentissage est au centre des dispositifs de formation. Qu’en savons-nous ?

-         chaque établissement universitaire pratique sa politique d’accompagnement des étudiants bien que les programmes soient identiques

-         comment accompagner l’étudiant de 35 ans, isolés, en reprise d’études ? l’émergence de groupes virtuelles est-elle une réponse suffisante ?

-         la cible de la formation à distance est le 1er cycle (enseignement de masse)

 

Jean-Pierre Finance

Apport des TIC :

-         -informations aux étudiants

-         -coopérations sur des thèmes précis inter-établissements sans supprimer la compétition

-         -outils pour la recherche y compris en sciences humaines

-         -élargissement de l’espace d’influence de l’U.

ce qui demande de revoir l’organisation, les métiers, les fonctions :

-         passage d’une organisation hiérarchisée à une organisation en réseau

-         mise en place d’un pilotage stratégique

-         interactions entre l’ambition qui utilise l’outil lui-même suscitant l’ambition

-         capitalisation et partage des expériences [organisation apprenante ?]

 

Guy Gautherin

-mise en réseau des écoles d’ingénieurs

-face à l’individualisme des enseignants, promouvoir la notion d’équipe

-pour un enseignant, produire un multimédia est un investissement lourd : comment alléger cette tâche ? formation ? assistance ? externalisation ?

 

Troisième interrogation : Qu’en est-il de la marchandisation ?

 

-         Comment réguler le flux Nord/Sud ?

-         Quelles relations entre l’U. et les compétences dans la société ? L’U. en réseau avec d’autres acteurs ?

-         L’U. a-t-elle la capacité de faire valoir sa pertinence et de redéfinir ses finalités ? Il faut travailler ensemble pour définir cette nouvelle université

-         « On est grand que dans la générosité » (Mélanésie) [culture du don, contre-don ?]
- on peut utiliser ses compétences pour accentuer son pouvoir ou pour augmenter son rayonnement
-éviter la perversion des idées qui sont généreuses au départ du projet
-se connaître pour pouvoir aller vers les autres

-         Dialectique coopération/concurrence.
-l’esprit de coopération est un défi pour les universités qui construisent leur identité sur l’autonomie
-[on coopère sur des sujets précis et non sur la totalité des sujets traités par l’U.]
-[l’autonomie n’est pas synonyme d’isolement mais est un préalable à la rencontre de l’autre]

-         Le tout marché n’étant pas acceptable pour garantir à tous l’accès à une formation adaptée, quelle gouvernance mettre en place pour assurer une régulation du marché ?
[La World Knowledge Organisation pour mettre KO la World Trade Organisation et sa politique de libération des services appliquée à l’éducation ?]

-         Penser la formation universitaire comme un Bien Public
-comment dégager le temps nécessaire à la réflexion ?
-créer un groupe pour un texte d’orientation
- créeren France [au Mexique ? Mondialement ?] le Conseil Supérieur de l’Education