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Titre                            : La diffusion par Grisemine de textes numérisés : un défi de plus pour la bibliothèque  universitaire

Auteur                        : Marie-France Claerebout, chef de projet 

Contributeur(s)                      : Jean-Bernard Marino, directeur de la bibliothèque universitaire de Lille 1

Organisme                : Université de Lille 1

Sujet                           : Du livre à internet, quelle(s) université(s) ?

Date                           : 19, 20, 21 juin 2002

Manifestation            : Colloque Franco-Québécois, Paris

Label                          : Grisemine.htm

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Partant des missions fondamentales des bibliothèques universitaires – acquérir, traiter, diffuser – l’apparition de la diffusion électronique en ligne modifie le paysage de la documentation francophone et, par conséquent, les pratiques documentaires pour aboutir à un changement de perspective

 

 

L’environnement.

Ces modifications, fruits de la généralisation du vecteur Internet, se caractérisent par la dynamisation du lien naturel entre l’échelon local et l’international : utilisation des réseaux tissés par l’université avec d’autres établissements du monde francophone, poussée du mouvement général d’auto-archivage (appel de Budapest), alimentation de la Toile en contenu de langue française (sciences en français), reconnaissance du potentiel de la littérature grise quelle qu’en soit l’origine géographique.

 

La chaîne de traitement.

L’utilisation du vecteur Internet entraîne une mutation dans les pratiques et oblige à mettre en œuvre une chaîne de traitement de l’information parallèlement à la chaîne de traitement documentaire conventionnelle : d’où de nouveaux modes de sélection et d’acquisition, de nouveaux impératifs de structuration des documents (balisage XML), un recyclage du savoir-faire du bibliothécaire (gestion des métadonnées, maîtrise des classifications, transition du format de catalogage vers une DTD XML), un nouveau séquençage des tâches hors des sentiers battus des systèmes intégrés habituels, un encouragement à travailler en réseau pour enrichir les collections (problématique du “ pot commun ”).

Ces pratiques, mises au point à la bibliothèque universitaire de Lille 1 dans l’expérience Grisemine, ont abouti à la création d’une bibliothèque numérique de littérature grise en français sur le site http://bibliotheques.univ-lille1.fr/grisemine.

 

Impact et perspectives.

Au delà de la mise en œuvre de nouvelles pratiques, c’est à un changement de perspective que le passage à l’immatériel nous convie. Cette transition nous oblige à réagir activement sur au moins trois points :

Face aux géants de l’édition en ligne et aux nouveaux modes d’accès à l’information débordant le monde des bibliothèques, la diffusion de contenu inédit devient un enjeu et, plus crûment, une condition de survie des bibliothèques universitaires. En revanche, fait positif, la dématérialisation du document tend à estomper les frontières limitant l’accès par site et permet une mutualisation répondant à un souci de service collectif.

Le passage à l’immatériel rend nécessaire la création de sites locaux reconnus et validés par la communauté universitaire, ce qui implique une dynamique partenariale forte avec tous les acteurs du monde universitaire tant local qu’international.

Enfin, la maîtrise d’une chaîne de traitement de la littérature grise depuis la source (l’auteur) jusqu’à la diffusion devient la condition indispensable pour rationaliser le processus acquisition – traitement – diffusion. C’est ce qui apparaît clairement à Lille 1 où l’harmonisation de la structure des thèses facilitera une restitution homogène de la version électronique à des fins de diffusion et de coopération. Ainsi, l’intervention a priori (en amont) du bibliothécaire l’entraîne insensiblement soit à endosser l’habit de l’éditeur de presses universitaires, soit à solliciter une intervention dans le processus éditorial des presses.

 

 

Ainsi parvenu aux confins mouvants du papier et du numérique, le monde universitaire doit harmoniser les métiers de la recherche, des presses, des bibliothèques pour préformer, acquérir et diffuser un gisement de contenus dont une partie devrait toujours échapper au monde marchand.