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Titre : La diffusion
par Grisemine de textes numérisés : un défi de plus pour la bibliothèque universitaire
Auteur :
Marie-France Claerebout, chef de projet
Contributeur(s) : Jean-Bernard Marino,
directeur de la bibliothèque universitaire de Lille 1
Organisme :
Université de Lille 1
Sujet :
Du livre à internet, quelle(s) université(s) ?
Manifestation :
Colloque Franco-Québécois, Paris
Label :
Grisemine.htm
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Partant des missions fondamentales
des bibliothèques universitaires – acquérir, traiter, diffuser – l’apparition
de la diffusion électronique en ligne modifie le paysage de la documentation
francophone et, par conséquent, les pratiques documentaires pour aboutir à un
changement de perspective
L’environnement.
Ces modifications, fruits de la
généralisation du vecteur Internet, se caractérisent par la dynamisation du
lien naturel entre l’échelon local et l’international : utilisation des
réseaux tissés par l’université avec d’autres établissements du monde
francophone, poussée du mouvement général d’auto-archivage (appel de Budapest),
alimentation de la Toile en contenu de langue française (sciences en français),
reconnaissance du potentiel de la littérature grise quelle qu’en soit l’origine
géographique.
La chaîne de traitement.
L’utilisation du vecteur Internet
entraîne une mutation dans les pratiques et oblige à mettre en œuvre une chaîne
de traitement de l’information parallèlement à la chaîne de traitement
documentaire conventionnelle : d’où de nouveaux modes de sélection et
d’acquisition, de nouveaux impératifs de structuration des documents (balisage
XML), un recyclage du savoir-faire du bibliothécaire (gestion des métadonnées,
maîtrise des classifications, transition du format de catalogage vers une DTD
XML), un nouveau séquençage des tâches hors des sentiers battus des systèmes
intégrés habituels, un encouragement à travailler en réseau pour enrichir les
collections (problématique du “ pot commun ”).
Ces pratiques, mises au point à la
bibliothèque universitaire de Lille 1 dans l’expérience Grisemine, ont abouti à
la création d’une bibliothèque numérique de littérature grise en français sur
le site http://bibliotheques.univ-lille1.fr/grisemine.
Impact et perspectives.
Au delà de la mise en œuvre de
nouvelles pratiques, c’est à un changement de perspective que le passage à
l’immatériel nous convie. Cette transition nous oblige à réagir activement sur
au moins trois points :
Face aux géants de l’édition en
ligne et aux nouveaux modes d’accès à l’information débordant le monde des
bibliothèques, la diffusion de contenu inédit devient un enjeu et, plus
crûment, une condition de survie des bibliothèques universitaires. En revanche,
fait positif, la dématérialisation du document tend à estomper les frontières
limitant l’accès par site et permet une mutualisation répondant à un souci de
service collectif.
Le passage à l’immatériel rend
nécessaire la création de sites locaux reconnus et validés par la communauté
universitaire, ce qui implique une dynamique partenariale forte avec tous les
acteurs du monde universitaire tant local qu’international.
Enfin, la maîtrise d’une chaîne de
traitement de la littérature grise depuis la source (l’auteur) jusqu’à la
diffusion devient la condition indispensable pour rationaliser le processus
acquisition – traitement – diffusion. C’est ce qui apparaît clairement à Lille
1 où l’harmonisation de la structure des thèses facilitera une restitution
homogène de la version électronique à des fins de diffusion et de coopération.
Ainsi, l’intervention a priori (en amont) du bibliothécaire l’entraîne
insensiblement soit à endosser l’habit de l’éditeur de presses universitaires,
soit à solliciter une intervention dans le processus éditorial des presses.
Ainsi parvenu aux confins mouvants
du papier et du numérique, le monde universitaire doit harmoniser les métiers
de la recherche, des presses, des bibliothèques pour préformer, acquérir et
diffuser un gisement de contenus dont une partie devrait toujours échapper au
monde marchand.